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Un fonds d’archives fraîchement dépouillé : le fonds Madeleine Gevers

Madeleine Gevers en 1977 - Photo Nicole Hellyn/AML

Léguées aux AML en 1988, du vivant de son auteur, ces archives sortent enfin de l’ombre et mettent en lumière une figure importante du milieu littéraire de Tournai.

Née Madeleine Malfère, à Lodelinsart en 1903, dans un milieu modeste, Madeleine Gevers montre très tôt un talent certain pour l’écriture. La Première guerre mondiale l’oblige malheureusement à abandonner ses études. En 1917, alors âgée de 14 ans, elle est engagée comme bonne d'enfant dans une famille viennoise installée à Bruxelles. C'est là qu'elle fait la connaissance du jeune précepteur Michel de Ghelderode, alors âgé de 19 ans. Celui-ci devient une sorte de grand frère à qui Madeleine soumet ses "devoirs d'élève".

Ils se perdront de vue en 1921. Madeleine Gevers racontera ces souvenirs 40 ans plus tard dans Michel retrouvé ! Chronique d’une amitié. Gevers et Ghelderode ne reprendront contact qu’en 1956, débutant une volumineuse correspondance que les AML conservent sous la cote ML 04941.

En 1923, Madeleine épouse le photographe-encadreur Albert Gevers, lointain parent de l’écrivaine Marie Gevers avec qui elle échangera une correspondance touchante dont on trouve également l’écho dans le fonds Marie Gevers.

Le couple Gevers se fixe à Tournai et ouvre une boutique, mélange de studio-photos et de librairie, que plusieurs générations de Tournaisiens connaîtront.

Ce n’est qu’en 1950 que commence la carrière littéraire de Madeleine Gevers. Elle rejoint alors le groupe de poètes Jeune Tournay, qui devient plus tard Unimuse. Nouvelles, poèmes et romans - citons, entre autres, Chair périssable (1961) et Les amours gaspillées (1976) - vont se succéder et être récompensés par différents prix dont le prix Charles Plisnier en 1965 pour le recueil poétique Train de vie.

Chroniqueuse littéraire et collaboratrice régulière à Radio-Hainaut (grâce à diverses adaptations radiophoniques de romans), Madeleine Gevers est également dramaturge. Plusieurs de ses pièces furent jouées aussi bien sur les ondes que sur les planches, comme La femme de Jan en 1965.

Dans son dernier recueil, L’envers du temps (1980), son écriture, à la fois simple et profonde, dit tant l’humilité devant la mort que l’émerveillement devant la vie. Ainsi, après une vie riche d’amitiés et de travail, Madeleine Gevers s’éteint en 1996.

Ses archives, encodées sous les cotes ML 11176 à ML 11191, aussi discrètes que son auteur, contiennent peu de documents personnels (hormis les lettres à Marie Gevers) mais néanmoins un nombre considérable de manuscrits dont beaucoup d’inédits. A découvrir...


Saskia BursensVignette : Madeleine Gevers en 1977
Photo Nicole Hellyn/AML