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Hommage à André Brink et à Assia Djebar

André Brink. © Philip Reynaers, Photo News André Brink (1935-2015), écrivain sud-africain de renommée mondiale, est décédé ce samedi 7 février, dans l'avion qui le ramenait dans son pays après avoir été élevé au rang de Docteur honoris causa par l'Université Catholique de Louvain pour sa capacité de résistance. Résistance à l'apartheid dès les années 1960 en épousant le combat de Steve Biko et de Nelson Mandela. Résistance aux dérives de l'ANC, parti actuellement au pouvoir à Pretoria.

Trois jours avant son décès inopiné, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec lui sur le bilan de sa vie. Bien que très affaibli, il a tenu à affirmer avec force que le combat d'un écrivain n'était jamais terminé. Voici à quel moment il situe la genèse de son écriture :

En 1961, de retour de Paris dans mon pays en flammes, j'ai fait le point sur les armes à ma disposition. Je n'étais ni militaire, ni militant politique. Je n'avais que ma plume. J'ai consacré le reste de ma vie à mettre celle-ci au service de la résistance, tel que j'ai pu l'apprendre de l'oeuvre d'Albert Camus.

Le hasard des circonstances a fait que je sois parmi les derniers (sinon le dernier) à avoir interviewé André Brink. Il ne croyait pas si bien dire, lui qui affirmait, après notre poignée de mains, qu'il se sentait capable de résister "jusqu'au bout du souffle"...

J'ai tenu à rappeler ce combat, qui épousait également la thématique du colloque "Sagesse et résistance", organisé par l’AEEF et les AML en novembre 2013.

Jean-Claude Kangomba (AML)
Vignette : André Brink. © Philip Reynaers, Photo News.

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Giuliva Milo, Lecture et pratique de l'histoire dans l'oeuvre d'Assia Djebar, PIE-Peter Lang, 2007

La veille, le vendredi 6 février, c’est un autre grand nom des lettres africaines qui nous quittait à l’âge de 78 ans, dans un hôpital parisien, dans ce week-end funeste pour la littérature mondiale. Assia Djebar avait été rendue deux fois immortelle : en 1999, l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique avait été la première instance francophone à saluer son oeuvre. Elle serait suivie par son homologue française en 2005, faisant d’Assia Djebar la première Académicienne maghrébine à être accueillie sous la coupole parisienne.

Pionnière, l’Algérienne le fut aussi en littérature féminine, publiant son premier roman, La Soif, en 1957.

Connue pour son engagement en faveur de la condition et les droits des femmes, mais aussi pour avoir interrogé l’hybridité culturelle et l’identité multiple, cette grande figure des littératures francophones laisse une oeuvre colossale, riche et sensible.

En 2007, les AML avaient publié le livre de Giuliva Milo, Lecture et pratique de l’histoire dans l’oeuvre d’Assia Djebar, dans la collection Documents pour l’Histoire des Francophonies/Afriques.