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Neuf automates de Francis André

Don de l’Association des Techniciens Professionnels du Spectacle, ces automates sont exposés dans le couloir 'intérieur' des Archives et Musées de la Littérature.
(cote : MLCO 01007/0001-0009).

Né le 2 juillet 1906, d’un père avocat socialiste, Francis André grandit dans le Hainaut, à la campagne, près d’une petite rivière qui devint vite son terrain de jeu de prédilection. Son diplôme de droit en poche, il rêve d’aventures et s’engage dans la marine marchande parce qu’il aime la mer et les voyages. Plus tard, il se fera embaucher dans l’équipage du yacht d’un milliardaire. Parallèlement, il auto-édite des plaquettes avec ses dessins, son autre passion.

Francis André est un original. Dans son appartement place Flagey, où il emménagea lorsqu’il revint sur la terre ferme, vêtu habituellement d’un pull-over sur lequel il avait fait broder le mot "inquiétude", il avait disposé un train électrique qui amenait les plats de la cuisine vers le salon et bricolé un système de poulies pour se faire monter, par l’extérieur, des boissons depuis le café du rez-de-chaussée. Il travaillait alors comme journaliste pour Le Rouge et le Noir, un hebdomadaire littéraire, satirique et politique.

Après la guerre, de retour de captivité, il commença à construire des machines, des petits personnages en bois animés ou des mécaniques telles que des chars à vent qu’il essayait sur la plage. En 1958, Maurice Huisman, alors directeur du Théâtre Royal de la Monnaie, lui proposa d’être le régisseur d’une tournée au Congo, et l’engagea ensuite comme menuisier dans les ateliers. Francis André y contribua non seulement par la construction de décors mais également par l’invention de nombreux détails de machinerie. Il collabora, entre autres, à plusieurs spectacles de Maurice Béjart, réalisant pour ce dernier, des automates qui eurent un succès certain, notamment le cheval Bayard pour Les quatre fils Aymon et des automates pour Les Contes d’Hoffman d’Offenbach.

En 1965, il rencontra le jeune sculpteur Olivier Strebelle, lequel lui demanda d’animer ses propres sculptures, Anthropomotion et Astreboule notamment. Au sein des ateliers de la Monnaie, Francis André passait son temps libre à fabriquer, pour son plaisir personnel, des machines à dessiner et de nombreux nouveaux automates. En 1971, grâce à Olivier Strebelle, ces créations furent montrées pour la première fois au public, à la galerie Alpha d’Emile Raet. A la même époque, à l’initiative de Claude Strebelle, architecte et frère d’Olivier, il lui fut demandé de décorer le parc du Sart-Tilman avec toute une série d’objets et d’épouvantails ainsi qu’avec la reproduction géante d’un taureau qui avait été dessiné à l’époque pour le Don Juan de Béjart.

Francis André s’éteint en 1972, terrassé par une maladie fulgurante.


Rédigé d’après : ANDRE Suzanne, Francis André. Mons, Les Amis de Francis André, 1991. (MLTC 02990)