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Jean-Paul Hubin nous a quittés

Le photographe Jean-Paul Hubin est décédé le 22 janvier dernier.

Une longue collaboration s’était tissée entre lui et les Archives & Musée de la Littérature du fait qu’il avait été le responsable des projections cinématographiques au Théâtre du Parvis (dont la section théâtre des AML conserve les archives), ainsi que le photographe des derniers spectacles de ce Théâtre et des premiers de l’Ensemble Théâtral Mobile – l’un et l’autre dirigés par Marc Liebens. Par la suite, parce qu’il s’inquiétait du sort de ses archives photographiques que le Musée de la Photographie avait refusé d’accueillir.

Un hommage lui fut rendu sur notre site, en avril 2016, en lien avec la publication à compte d’auteur d’un texte autobiographique : Débarras, souvenirs d’égotisme. Nous ne rappellerons pas ici les étapes de sa carrière, telles que détaillées à cette occasion.

Évoquons plutôt cette aura caractéristique de tout homme, telle qu’analysée par Jan Patočka. Jean-Paul Hubin cultivait la discrétion et l’efficacité. Petit, vif, espiègle, il vous regardait droit dans les yeux en souriant malicieusement après vous avoir mis entre les mains tel ou tel trésor. Un abord bourru cachait chez lui une vraie générosité.

S’il avait vécu dans l’ombre de quelques "grands", s’il en avait photographié certains, il préférait les instantanés de vie, les flashs sur une réalité populaire, à la limite de l’exotisme et du dérisoire. D’où son attirance vers pour des villes comme New-York, des pays comme la Chine ou le Mexique ou des sonorités comme celles du jazz. Ses photographies n’hésitent pas à user du flou ou de l’indétermination pour toucher. Peu de portraits ; bien plus de moments de vie ; parfois même une absence quasi ascétique de motifs.

Perdu aux abords de la ville de Huy dont il adorait tel café ou tel point de vue, il cultivait le temps qui passe. Les amours et les amitiés s’effritaient autour de lui, volontairement ou non. De terribles orages l’avaient frappé, et ne cessaient de l’atteindre. Sans un mot de trop, il continuait à conduire, à rencontrer, à regarder, à photographier, choyant telle serveuse sympathique ou la figure d’Henry Miller sur lequel il avait écrit dans sa jeunesse.

Rendons-lui l’hommage discret qu’il aurait espéré et contemplons quelques-unes de ses "perles".

Vincent Radermecker