Femmes (2 trouvées)

Acheter

Femmes, parole et espace public au Cameroun : analyse de textes des littératures écrite et populaire

Ce livre analyse le contexte d'émergence d'une parole féminine au Cameroun dans les domaines artistiques. Nombreuses, en effet, sont les femmes qui exercent aujourd'hui les métiers d'écrivaine, de chanteuse et de comédienne. Ceux-ci leur permettent de parler d'elles-mêmes et des autres, notamment des hommes, et de proposer un discours nouveau sur la sexualité. Désormais, leurs textes peuvent s'inscrire dans la littérature de la jouissance.
Une révolution découle de cette prise de parole aux senteurs politiques. Elle pose le problème de la femme dans la société ; du mutisme à elles imposé par les puissances dominatrices ; de la logique patriarcale qui repose sur des stéréotypes définissant la femme et ordonnant ses modes d'être, de faire et d'agir. En exprimant leurs désirs et en clamant leur droit au plaisir, tout en minorant parfois le rôle de l'homme dans son acquisition, les femmes s'affichent en maîtresses de leur sexualité, voire en expertes capables d'assujettir l'homme.
En violant de la sorte un ordre institué, elles ne font pas que l'inverser ; elles le travestissent. Reste à savoir si cette parole sexuée et sexuelle améliore l'appréhension de la femme camerounaise. Cette étude se veut également une lecture des mœurs dans la société camerounaise.
Acheter

Antigone, la sphinx d'Henry Bauchau

Emilia SURMONTE ; [poèmes d'Henry BAUCHAU ; préface de Marc QUAGHEBEUR]
L'analyse cherche à nouer le fil qui unit l'image d'une « petite fille », présence récurrente dans l'oeuvre, et le personnage d'Antigone, comme forme d'un féminin possible. Car sublimé. Il le fait en étudiant par ailleurs les figures de Mérence et de Shenandoah dans les fictions antérieures au cycle thébain. Les enjeux créatifs et stylistiques que Bauchau utilise et expérimente aux plans poétique, narratologique ou énonciatif, sont reconstitués pour retrouver la « parole » d'une histoire humaine et littéraire aux prises avec ce type de fragmentation identitaire et de relation difficile avec la présence intime du féminin. Une attention particulière est portée à la mise à jour des systèmes pluriels de représentation et des formes de « dire détourné » que l'écrivain réalise en mettant en place un réseau de symboles capable d'organiser la matière énigmatique et labyrinthique des significations traversant toute son oeuvre.
Si l'oeuvre littéraire de Madeleine Bourdouxhe (1906-1996) a laissé une trace discrète dans l'histoire de la littérature, il n'en reste pas moins que son premier roman, La Femme de Gilles (1937), vit le jour chez Gallimard grâce à l'enthousiasme de Jean Paulhan puis de Raymond Queneau. Simone de Beauvoir jadis et Marie NDiaye aujourd'hui la comptent parmi leurs références. Trois quarts de siècle après son premier grand succès de librairie, il n'existait toutefois aucun livre consacré à cette oeuvre. Réalisée par des spécialistes, cette première étude vient combler une étonnante lacune en présentant des analyses de toutes les oeuvres de Bourdouxhe - y compris des textes inédits à ce jour. Relire Madeleine Bourdouxhe propose des perspectives d'analyses nombreuses et diversifiées. L'ouvrage comporte en outre une biobibliographie exhaustive et répertorie les documents de la romancière conservés aux Archives & Musée de la Littérature à Bruxelles.
Consacré aux formes du passage de la déchirure à la réhabilitation dans cet univers fictionnel, le parcours critique de ce livre dans les diverses facettes de l'oeuvre aide à comprendre en quelles profondeurs plonge cette très contemporaine odyssée. Analyse minutieuse nouée dans un renvoi-enracinement constant au vécu d'une femme africaine née à l'heure de la décolonisation, cet essai illustre l'attention portée par la critique congolaise à la figure d'Antigone telle que l'écrivain belge l'a réinventée. Sans jamais dériver vers les formes d'annexion ou de plaquage qui ont hypothéqué certains travaux engagés, ce livre essentiellement consacré au corpus des années 1950-2000 rappelle la condition dépendante et mutilée qui découle de la colonisation, dont Bauchau parle dans Le Régiment noir, comme la confrontation contemporaine aux certitudes patriarcales.