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Exposition La Beauté du Diable : Jean de Boschère, imagier rebelle des années vingt

La Beauté du diable : Jean de Boschere, imagier rebelle des années vingt (affiche)

Une exposition des Archives & Musée de la Littérature à la Bibliotheca Wittockiana, du 15 février au 31 mai 2017.

L’histoire littéraire n’aime guère les figures inclassables. Farouche, provocateur et nomade, l’écrivain-illustrateur-peintre-sculpteur et botaniste Jean de Boschère (Uccle 1878 - La Châtre, 1953) est ainsi demeuré méconnu, en particulier de ses compatriotes. Et pourtant. Coqueluche du Tout-Londres pendant son exil de 14-18, ami des poètes les plus exigeants de son temps (d’Elskamp à Artaud, en passant par Valéry et Ezra Pound), il a construit un univers de mots et d’images extrêmement original, qui rencontre, avec une pertinence étonnante, l’ébranlement des certitudes de notre monde contemporain.

Hanté par le suicide de sa soeur aînée, défigurée par un bec-de-lièvre – un drame rapporté dans l’inoubliable Marthe et l’Enragé (1927) – Jean de Boschère a voulu opposer à la laideur des identités meurtrières la beauté de formes inédites. D’où le titre de l’exposition, La Beauté du Diable, où on lira à la fois une référence explicite à la posture de dandy satanique cultivée par l’auteur et au côté sulfureux d’une partie de ses livres illustrés, mais aussi l’intention diabolique, au sens étymologique du terme, de délier les évidences des relations texte/image avec une liberté qui n’a guère d’équivalent dans la littérature de langue française.

Les jeux d’écart entre les mots et les images des livres, les reflets tremblés entre ces livres et les tableaux, le kaléidoscope des (auto)portraits de fiction ou bien réels, ces entrelacs inlassables de la plume et du pinceau métamorphosent l’exposition en un véritable laboratoire de création artistique et littéraire.

Bien plus. En pervertissant les codes, Boschère se fait aussi inventeur. Contemporains des premiers collages créés en Belgique par l’anversois Paul Joostens, les petits tableaux en papiers collés qui constituent, à l’aube des années vingt, l’origine secrète des images du recueil de poèmes Job le Pauvre (1922) révèlent en Jean de Boschère un véritable chaînon manquant de l’histoire du livre illustré, entre les derniers avatars du symbolisme et les audaces surréalistes.

Eclairées par les nombreuses archives autographes et picturales (manuscrits, esquisses, dessins, peintures,…) issues, notamment, du fonds Jean de Boschère conservé aux Archives & Musée de la Littérature (plus de 1000 fiches dans la base de données), les inventions malicieuses du poète du Bourg (1922) et de The Closed Door (1917) nous aguerrissent salutairement face au réseau infini d’images tissé autour de nous par la modernité.


Une exposition conçue par Véronique Jago-Antoine,
à l’occasion de la parution de son livre
Dire et (contre)faire. Jean de Boschère, imagier rebelle des années vingt
dans la collection « Archives du Futur » (AML Editions - La Renaissance du Livre).


Oeuvres exposées