• Vous êtes ici :
  • Actualités

Le fonds Désiré-Joseph d'Orbaix

Lettre de Camille Lemonnier à D.J. d'Orbaix, juin 1911 Le centenaire de la Première Guerre mondiale et l’élaboration du site 14-18 des AML ont remis à l’avant-plan le fonds Désiré-Joseph d’Orbaix. Légué aux AML en 1992 par son petit-fils, le journaliste et poète Renaud Denuit, le fonds a bénéficié d’un traitement complet en 2018-2019. Sa description est à voir sur le site Fonds des AML.


De son vrai nom, Désiré-Joseph Debouck naît en 1889 à Thorembais-les-Béguines, petit village du Brabant wallon. Instituteur comme son père, puis inspecteur de l’enseignement, il s’installe en 1909 en région bruxelloise où il se sentira toujours comme un exilé. Collaborateur au Thyrse, il y publie quelques contes nourris de sa Hesbaye natale. En 1911, ses Vies agrestes sont accueillies avec enthousiasme, notamment par Camille Lemonnier. (ill.)

Fréquentant les milieux littéraires bruxellois d’avant-guerre, Debouck y rencontre un jeune avocat, Alix (dit plus tard Alex) Pasquier (1888-1963), avec qui il fonde, en janvier 1919, la revue La Bataille littéraire.

La Bataille littéraire, n° 1, 23 janvier 1919 Après quatre ans sous l’occupation allemande, durant lesquels ils se sont astreints au silence, les deux compères veulent ranimer un mouvement littéraire belge, d’"une léthargie voisine de la mort". La Bataille littéraire se veut ouverte à tous les écrivains de talent, hors de toute coterie ou parti politique.

Elle veut aussi honorer ceux qui ne survécurent pas au conflit, comme Prosper-Henri Devos (1889-1914), écrivain prometteur tué sur le front de l’Yser au début de la guerre.

Durant ses six ans d’existence, jusqu’en juillet 1924, de nombreux auteurs et artistes rejoignent l’aventure. Citons : Roger Avermaete, Pierre Bourgeois, Constant Burniaux, Fernand Crommelynck, Herman Grégoire, Franz Hellens, Armand Massonet, Paul Neuhuys, Pierre Nothomb, Odilon-Jean Périer, Edmond Vandercammen, Horace Van Offel, René Verboom,…

Aquarelle de Pierre d'Orbaix pour le recueil Ciels perdus Entre-temps, Debouck a développé son œuvre. Le Don du maître, mélange de poèmes et de proses évoquant la grandeur et les souffrances de la vie du maître d'école, est publié en 1922. Il est si bien accueilli qu’il connaîtra une dizaine d’éditions. C’est avec cet ouvrage que Debouck opte définitivement pour le pseudonyme d’Orbaix, rappelant le nom du village maternel, voisin de Thorembais. Suit le roman Le Temps des coquelicots, traduit en néerlandais par Stijn Streuvels (1927). Puis, peu à peu, la prose laisse la place à la poésie. Dans les années 1930, une série de recueils voit le jour, dont Ciels perdus (1932, prix de la Commune d’Uccle et de la Province du Brabant), illustré par le fils du poète, alors âgé de 8 ans, Pierre d’Orbaix. (ill.)

La source d’inspiration est encore et toujours "l’obsédante Hesbaye" mais à travers elle, l’auteur, soutenu par sa foi et son humanisme, touche de plus en plus à l’universel.

Au début de la Deuxième Guerre mondiale, la mobilisation de son fils lui inspire les douloureuses Complaintes de l'absence, Prix Edgar Poe.

En août 1943, le cœur fragilisé, d’Orbaix s’éteint. Il n’a pas le temps de voir l’édition anthologique de L’Offrande, publiée clandestinement la même année par Pierre-Louis Flouquet. L’annonce de son décès émeut profondément le milieu littéraire belge. Pointons la lettre de condoléances envoyée par Roger Bodart, ancien élève de d’Orbaix en qui son maître avait reconnu le poète à venir : « Il ne me restera plus qu’à reprendre sa prose, ses poèmes si chargés à la fois du poids de la terre et de celui de l’Esprit ».

Les archives d’Orbaix illustrent chacun des aspects de la carrière de l’écrivain et de l’enseignant. A découvrir…