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Fin du dépouillement du Fonds Jean Muno

Jean Muno dans les années '70 - Archives Jean Muno/Doc AML

Légué aux AML en 2008 par Jacqueline Burniaux, veuve de Jean Muno, cet ensemble d’archives, désormais accessible aux chercheurs, met en valeur un écrivain majeur de la littérature francophone de Belgique de la seconde moitié du XXe siècle.

Jean Muno (1924-1988), de son vrai nom Robert Burniaux, est fils d’instituteurs, son père Constant Burniaux est également écrivain. Suivant le même parcours que ses parents (dans un jeu de miroir difficilement assumé), Muno devient professeur de français en 1947 et commence sa carrière d’écrivain.

Il publie d’abord des chroniques cinématographiques, qui seront suivies par l’écriture de pièces radiophoniques, de nouvelles et enfin de romans. Le premier, Le baptême de la ligne, paraît chez l’éditeur bruxellois Georges Houyoux en 1955.

Dès les premiers écrits, apparaît le personnage du "petit homme seul", rêveur naïf abîmé par la réalité ou petit bourgeois inadapté et plongé dans l’insolite.

Son écriture précise et sa singularité attirent l’attention de l’éditeur parisien Julliard, qui publie en 1962 L’hipparion, roman qui sera réédité en 1984 chez Jacques Antoine à Bruxelles. Car c’est bien en Belgique que s’établit l’essentiel de la carrière de Muno. De même que c’est en Belgique et de manière explicite, que se déroulent la plupart de ses récits où l’ironie et le fantastique s'installent de façon durable.

Les archives, enregistrées sous les cotes ML 11140 à ML 11173, font la part belle aux manuscrits. Y sont ainsi présents la plupart des romans à partir de L’homme qui s’efface (1963), des nouvelles (dont différentes versions du recueil Histoires singulières, prix Rossel en 1979), des pièces de théâtre ou pièces radiophoniques, laissant même place, çà et là, à quelques inédits et écrits de jeunesse.

Est également présent, un dossier sur l’édition posthume de Rages et ratures, à savoir les pages inédites du journal de Muno entre 1975 et 1986, que viennent compléter des notes et les fragments d’un journal antérieur (1952-1957).

Muno est aussi l’auteur de nombreux articles : critiques littéraires ou articles plus généraux sur la littérature de chez nous et le statut de l’écrivain belge. Un dossier leur est consacré.

Epinglons enfin les dossiers de correspondances qui restituent l’écho de la voix de Jean Muno, à travers des lettres d’auteurs-amis comme Gaston Compère, Jacques Crickillon, Marcel Moreau, Paul Willems,… et surtout Jacques-Gérard Linze, avec plus d’une centaine de lettres pleines d’humour.


Renseignements: Saskia Bursens