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Daniel Van Meerhaeghe (1953-2017)

Ingénieur du son diplômé de l’IAD, Daniel Van Meerhaeghe est décédé subitement parmi les siens, en bord de mer, le 15 juillet. Il avait rejoint l’équipe des Archives & Musée de la Littérature dans la dynamique des années 80.

Il collabora ainsi aux réalisations audiovisuelles de Jean-Paul Lavaud d’une part. De l’autre, il mit au service de l’institution sa profonde expertise en matière acoustique. Il réalisa de la sorte nombre d’enregistrements de voix d’écrivains, mais aussi d’événements littéraires ou culturels, qui enrichissent les archives sonores des AML, constituées à l’origine de celles de l’Audiothèque de Géo Libbrecht et du Musée de la Parole de Paul Hellyn. L’exposition arlonnaise de ce printemps, consacrée à 130 ans de théâtre belge, donnait ainsi à entendre quelques-unes de ces voix, celle de Paul Willems par exemple.

Après le départ de Jean-Paul Lavaud, Daniel réalise, avec des scientifiques des AML, quelques émissions qui accompagnaient des expositions et qui firent date. Ainsi, Papier blanc, encre noire ou Un pays d’irréguliers.

Conscient du caractère trop onéreux de la recréation en studio de pièces d’auteurs belges de langue française, il s’attacha à la production d’archives théâtrales de qualité, obtenues à travers une captation frontale, et avec un souci tout particulier de la qualité sonore dans la restitution du spectacle. Diotime et les lions d’Henry Bauchau ou Aglavaine et Sélysette de Maurice Maeterlinck constitueront ainsi des sources et des fragments de ses Scènes d’amour du théâtre belge, que l’on retrouve plus tard dans le DVD Domaine public.

L’oreille exceptionnelle qu’avait Daniel lui permettait de saisir et de corriger le moindre bruit parasite dans un enregistrement sonore. Il en donnait la preuve aussi bien dans le nettoyage de la lecture par Emile Verhaeren de son Passeur d’eau que du discours de Pierre Wigny pour les 25 ans du Théâtre national. Le travail sur le son, sa sauvegarde, son amélioration, sa numérisation étaient devenus le grand chantier de sa fin de carrière. Dans un studio équipé à cet effet selon ses voeux, Daniel s’attaquait aux milliers d’heures d’archives sonores des AML et s’attachait à rendre ces voix impérissables.

La camarde l’a fauché au milieu de ce Grand Oeuvre.


Marc Quaghebeur